Dec 19 2007

Merry and Happy

Published by gwenaelle at 5:34 am under Sans catégorie

Heille, ça fait un petit moment que ma vie excitante a pris le dessus sur les comptes-rendus fidèles de ma vie excitante. Je vous demande donc mes apologies*. Je ne promets rien, mais j’annonce fièrement que j’ai, l’autre jour, répondu en six longues heures à TOUS les courriels en souffrance qui habitaient ma boîte de réception, même celui à Laurie qui attendait depuis septembre. Je devrais être capable d’écrire plus souvent, non?De l’exotisme, messieurs dames, en voici. Car j’ai vécu de l’Écossais depuis le dernier billet intéressant qui a été publié ici, oui oui.

Ceilidh, que ça s’appelle, et c’est une danse traditionnelle. Souvent pratiquées lors de mariages ou d’occasions spéciales, les Ceillidh sont littéralement des danses en ligne, mais avec des noms en anglais. Good fun, great exercice, wow, I love ceildih, qu’on m’avait lancé. Et moi, je soupçonnais la vérité. Dans les Ceilidh, on danse exactement ce que les Québécois qualifient de danse traditionelle. Eh, ma favorite a été exécutée, et ce n’était pas celle qui avait « Canadian » dans le nom. C’était il y a un mois, public. Et j’ai, malgré le manque d’exotisme, adoré ça, surtout que mon groupe de danseurs ne comportait qu’un seul Écossais même pas roux et une majorité de germanophones, dont un qui se prénomme Edgar (je lui dis que j’ai déjà prénommé un poisson comme ça?) et qui répare des vélos avec moi quand je daigne me présenter au workshop le samedi.

Mais la gloire de la danse a été effacée par la venue de celui qui a, conjointement avec celle qui posera le pied sur le sol britannique dans une semaine, généré ma venue dans le monde. Bonne fête à moi, wouhou, et un voyage à Inverness en prime. Inverness la très jolie a conquis mon cœur, tout autant que Leaky’s, le plus gros second hand bookstore d’Écosse. Vendredi, St-Andrews, célébration de la mort du saint le plus saint d’Écosse (le drapeau, m’sieurs dames, c’est la croix de St-Andrews), mon père et moi avons la chance chanceuse d’aller faire un tour sur le Loch le plus hanté d’Écosse, Ness lui-même, pour pas un pound alors que c’en est 12 habituellement (25$). Le samedi incroyablement ensoleillé a fait reluire la ville la plus mignonne d’Écosse et, en compagnie de Simon le couchsurfer et de mon papa, les bords de la rivière Ness ont été parcourus. Très agréable fin de semaine.

De retour, je quitte mon papa au début d’une dure journée de travail, et, suite à une fin de semaine haute en rebondissements (oh, mon téléphone est mort et les adresses des deux partys auxquels j’ai dis que j’irais – dans la même soirée – sont inscrits dedans. Tâche : trouver les deux partys avant qu’ils ne finissent. Et, évidemment, je n’ai le numéro de personne), je me présente en compagnie de Neil, Colin, Neets, Irene et deux de ses amies devant le Marks and Spencer, at the top of Market Street, pour faire des câlins à tous ceux qui le veulent. Free Hugs. Après trois heure trente de câlins à qui le veut, jeune, vieux, femme, homme, grand, petit, gros, laid, mince, beau, fashion, mal habillé, riche, pauvre, occupé ou ennuyé, j’ai réalisé que venait de se produire une des plus belles choses que j’ai pu faire de ma vie. Entendre « You made my day » à répétition était autant gratifiant que les gens qui souriaient à la vue de mon action. Des « this is great », « thanks for doing this », « you are awesome », « this is the best thing I saw today », des sourires et, surtout, des tonnes et des tonnes de câlins, chaleureux et timides. On sent qu’on arrive réellement à changer le monde, soudainement. Une photo de l’événement s’est retrouvée sur le grand monde virtuel, colin dans son costume de singe, mais c’est le message qu’un ami/prof de Turriff Academy m’a envoyé le soir même qui a couronné le tout :

Just heard kids on the train talking about the free hugs. « It was so ace », « I hugged a gorilla » […]

En direction de Glasgow, des gens parlaient de nous. Wow.

J’ai adoré mon expérience, j’ai adoré mon expérience. J’en parle avec des étoiles dans les yeux et plus aucune peur. J’en ferai encore, encore, encore, maintenant, on n’arrête pas, s’il vous plaît. Les Free Hugs, c’est beau.

Ma vie ne s’arrête pas avec une tonne de câlins gratuits à l’entrée d’un centre d’achat, par contre, et quelques jours plus tard je déménageais de mon premier à mon second appartement écossais. Loyer, proximité et coloc fantôme justifient-aient mon déplacement et, avec le recul, c’était encore une meilleure idée que ce que j’ai pu croire. Plus petit, of course, mais tellement moi, avec Ellie une coloc incroyable et une odeur de réel qui ravit mes narines. À dix minutes du centre-ville dans une ville assez petite pour que ça ne signifie pas « danger », la plus belle chose avec cet appartement, c’est la vue que j’ai de l’immense fenêtre dans ma chambre. Couchée, je vois les étoiles et la lune. Debout, je vois cette immense et magnifique usine abandonnée, qui provient de l’époque où les usines n’étaient pas encore un morceau de ciment coulé par une main plus grande que nature. La brique rouge de l’immense tour m’appelle et j’aimerais pouvoir explorer les recoins de ce bâtiment si exotique. Le sevrage de la salle de bain privée s’avère être plus difficile que prévu lorsque, le mâtin, je râle en devant ouvrir des portes pour me rendre, à moitié endormie, jusqu’à la toilette.

Et c’est les vacances qui arrivent, oui oui, j’aime ça être une prof une assistante de langue. On me dit que je devrais devenir chef (de cuisine!), je reçois un Diary (qui n’est pas un journal intime), une mug et des chocolats de la part du département de langues modernes à Turriff Academy et des cookies de mes Higher French d’Inverurie, j’ai de la visite à partir de maintenant jusqu’à la mi-janvier, avant de passer quelques jours dans la capitale de la Lettonie, Riga et je n’ai plus d’internet chez moi. Et je prépare le séjour de ma mère en trouvant des recettes de pudding et en demandant aux concierges de Meldrum Academy ou on peut trouver des chapeaux melons, mais pas cher.

Colin, magnifique ami, a accroché une lampe chinoise de papier sur le guidon de mon vélo, lundi, couronnant la magnifique journée que j’avais vécue avec de l’amour aléatoire. Pas abîmée par la pluie, pas volée, la lampe est maintenant suspendue à Harold la plante, cachant le sud de l’Irlande sur ma carte d’Europe.

Révérence joyeuse en provenance d’Écosse. Je conclus ce texte avec un immense sourire et vous laisse pour aller pratiquer mon activité favorite du moment : examiner une carte et un guide de voyage en me demandant ce que je pourrais bien aller explorer de nouveau, demain, tout de suite.

**

*Amoureuse de l’esthétique des mots, j’aimerais pouvoir parler une langue qui n’utiliserais que ceux que je trouve beau. Les phrases mêleraient dix-huit languages mais elles auraient une sonorité et une forme magnifique.

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