Sep 09 2007
Partie deux: William
Ayant emménagé chez moi, ma principale préoccupation n’était plus de trouver un endroit où vivre, mais bien un moyen de locomotion. Après une longue hésitation entre l’automobile et la bicyclette, j’ai fini par, à contrecoeur, décider que le second était un moyen intelligent de transport alors que le premier n’était qu’une somme d’inconvénients qui roulait plus vite. Ou peut-être était-ce qu’il me fallait un vélo au plus vite, parce que Zoé et M. X étaient restés à Montréal et que j’étais en manque de pédales? Je ne sais plus trop, c’est flou. Quoi qu’il en soit, je désirais un deux-roues-guidon. Comment trouver ce genre de trucs dans une ville inconnue alors que mon budget se résumait à presque rien? Simple. Gumtree. Le site de petites annonces britannique (et maintenant américain, si j’ai bien compris) m’avait permis de chercher un-e flatmate sur le grand internet, il pourrait bien m’aider à trouver un vélo, non? Je plaçai donc bien en évidence une petite annonce mentionnant ce que je cherchais et à quel prix. Et j’attendis.
Pas si longtemps que ça après, je reçois un courriel de Claire. Qui a justement un vélo à vendre, pas cher. Si tu veux, passe ce soir.
Wow.
Bien sûr que je veux passer ce soir!
Claire habitant un peu loin, il me fallut demander à Susan l’automobiliste de bien vouloir m’aider à transporter mon existence vers le suburb, la banlieue, où résidait l’objet de mes désirs. “Yeah, no problem, I’d be glad to do this for you!” On ne s’enfoncera pas dans les détails, mais il faut mentionner ma nervosité profonde sur le chemin d’aller ainsi que ma joie délirante sur celui du retour. Prince William est un vélo de monsieur (un “vélo-pantalon”, comme certaines personnes bien plus logiques disent) tout rouge, avec des roues immensément larges et cinq grosses vitesses (par plateau, donc quinze). Il ne correspond évidemment pas à mon vélo idéal, puisque je suis plutôt fan de ceux qu’on nomme “de route”, mais dans les collines de l’Aberdeenshire (et probablement de l’Écosse), son style fait très bien l’affaire. Et, son prix raisonnable m’enjoint de me la fermer et d’apprécier avec la joie dans le coeur, la possibilité que j’ai désormais d’aller partout partout en peu de temps.
Ayant déniché un cadenas et du duck tape à l’ASDA-mart et munie de la trousse de cycliste que j’avais apportée dans mes valises, je pus régler quelques trucs avec les freins et donner à Prince William ces rayures uniques qui le garantissent anti-vol et qui ont provoqué plein de comparaisons avec Denis La Malice et Beetlejuice.

Cycliste heureuse, je pouvais donc me promener en ville tout en évitant la monstruosité des prix des transports en commun (privé est la compagnie qui s’occupe de ceux-ci) et les marches ennuyeuses* entre Union Street** et mon chez moi.
C’était donc le moment pour moi de commencer la sociale vie, de contacter again ces sympathiques couchsurfers et de découvrir la ville dans laquelle il semble bien que je vais rester pour un moment.
**
* C’est bien sympathique de marcher, mais à chaque fois je ne peux m’empêcher de calculer qu’en vélo, j’aurais pris le tiers du temps à parcourir la même distance. Malgré tout, les alentours de mon appart sont bien agréables alors la marche n’était pas si pénible que ça.
** Union Street est un peu le Ste-Catherine d’Aberdeen, rue peuplée de magasins américains (Burger King, Lush et autres Gap) que je hais. Pleine de gens le jour, de gens saouls la nuit, elle est bruyante, anonyme et peu jolie. Malheureusement, c’est aussi la rue qu’il faut croiser pour se rendre aux endroits intéressants de la ville, comme la plage ou la bibliothèque.

Haha, il est vraiment horrible! J’imagine bien que personne va vouloir voler ça!
Hean! On insulte pas William comme ça, m’sieur!
M.X pleure, il est vraiment jaloux.
Note: «cinq grosses vitesses (par plateau, donc quinze)»
apprend à compter, sale littératuroise.