Sep 01 2007
The Queen
Ce matin, réveil en sursaut. Enroulée dans ma douillette parce que le froid s’était introduit dans ma chambre en usant des mêmes stratagèmes que depuis la semaine passée: la fenêtre ouverte, j’étais peu préparée à ce coup ferme mais féminin appliqué sur ma porte de chambre. Lancée hors du lit, ouvrant la porte, je me trouve face à une Ruth (mon hôtesse jusqu’à demain, moment où j’aurai mon flat) et un Lewis (son fils de 1 an et demi, roux et taches de rousseur) qui m’annonce (parce que Lewis ne parle pas) que j’ai plein de possibilités pour la journée. Est-ce que je préfère mieux aller à Braemar pour les mehvosdhjgsdjo et le Eillen Dancing (le quoi?) ou bien magasiner des tuiles de plancher avec Fran (celle qui s’occupe de moi, ma “mentor”. pour ceux qui comprennent, elle est le sosie physique et spirituel de Manon) ou bien rester seule toute la journée dans la maison.
Engouffrée dans une humeur impossible de terreur via le futur proche de mon déménagement avec Susane (ma coloc) le lendemain, j’ai pris la décision de partir avec eux au ibihwfhd, truc vague, compétition de danse - peut-être? - plutôt que de magasiner un plancher toute la journée.
Installée du côté conducteur d’une auto roulant à droite (donc dans le siège avant du passager), j’étais prête, Harry et Dune en main, à rouler pendant une heure trente vers une destination inconnue et probablement étrange. Il ne me restait qu’une quinzaine de pages pour terminer le *fabuleux* Harry, et c’est tout ce que j’ai été capable de lire.
J’éviterai les mots hyperboliques. Mais. Ce sont parmi les plus beaux paysages que j’ai vus de ma vie.
Les Highlands.
….. (souffle coupé)
Mon désir de vélo s’est accru, accru. Les routes, presques désertes, de la campagne écossaise, les panoramas, les pentes-pas-si-pentues, le vert, le mauve, le vert, le gris, le mauve.
Puis, nous sommes arrivés à Braemar, pour le Gathering, sorte de jeux olympiques écossais avec lancer du tronc, du marteau, course à pied, danse des Highlands (et pas Eillen ¬¬), piper bands et même course de sac (genre, tu es dans un sac tu dois sauter pour arriver à la fin du trajet) des enfants.
Découverte incroyable de l’agréabilité de la conjugaison d’une dizaine de cornemuses, avec des tambours et des grosses caisses, qui jouent ensemble. Impressionnée par la beauté du costume traditionnel que la majorité des hommes portaient négligemment. Sourit à l’idée que plein de monsieurs se promenaient avec pas de sous-vêtements à côté de moi. Le son des piper bands est vraiment agréable, alors que celui d’une cornemuse toute seule me tombe un peu sur les nerfs. Quoi qu’il en soit, après environ cinq heures à l’entendre, je ne trouvais plus agressant du tout le son qu’elle produisait.
Puis, après des aplaudissements, des sourires et des photos des mecs qui tirent sur la corde*, les hauts parleurs se mettent à parler de la reine. La reine, me dis-je alors, serais-ce…?
Car le château d’été de la reine se trouve à Balmoral, a few miles away from Braemar. Un des moments traditionnels de cette célébration qui a lieu chaque premier samedi du mois de septembre depuis des tas d’années, c’est l’apparition de la reine qui vient en écouter un boutte. Le moment était donc venu pour elle de se pointer. Alignement de monsieurs habillés en rouge qui jouent du fusil (sur épaule, par terre, vers le haut, sur épaule), silence, debout, appareil photo, rolls royce (ou je sais pas quelle auto).
La reine, portant un sympathique petit outfit vers grenat (j’espère que grenat c’est pas rouge, sinon, émeraude mettons), émerge de son auto, marche vers la petite maison de la reine (avec un toit couvert de machins verts, entourée de monsieurs en complet veston que je baptise aussitôt “James Bond”), serre des mains et va s’asseoir. Une voix masculine s’élève: “God save the queen”, chanson en l’honneur de Zazie. Puis, les jeux reprennent, avec encore plus de vigueur.
Et, c’est la fin, à mon grand désarroi (parce que j’ai vraiment aimé ça!**), et nous nous éloignons de la foule en délire pour rejoindre la volks du mari allemand de Ruth, Gilbert. En chemin, croisant un paquet de policiers*** et de clotûres, nous réalisons que la Queen aussi doit quitter les jeux et que, pour ce faire, elle empruntera probablement le chemin que nous suivons à ce moment.
Plus que probablement. Certainement. Jusqu’à la réalité, empêchés de traverser la rue puisque l’auto royale s’approche, passe à côté de nous, reine souriante comme un 10¢, saluant, assise à côté de son quelconque mari (prince d’édimbourg? pff!), puis s’éloigne.
Chemin de retour moins impressionnant: fatigue.
De retour chez Ruth, un presque chez moi. Demain, je pars en appart. Fatigue.
**
Mon grand papa paternel m’a conseillé, avant que je parte, d’aller saluer la Queen, de lui montrer c’est quoi des québécois, de lui dire de quel bois on se chauffe. Voilà, c’est fait!
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Pour des preuves photographiques de ma rencontre avec la Queen, voyez l’album photo.
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* Une des épreuves consistait en deux équipes qui devaient tirer sur une corde pour l’amener de leur côté respectif. L’équipe gagnante: celle qui réussisait à tirer de son côté à elle. Épreuve plutôt quelconque, sauf pour ce qui est de l’existence d’un entraîneur (ou encourageur) qui, plutôt que tirer, se tenaît à côté des mecs pour leur crier ses instructions. Encore plus amusant est le fait que certains de ces entraîneurs étaient habillés en ce qu’on aurait pu prendre pour un costume d’officier de l’armée. Voyez plutôt:
(cliquez dessus pour l’avoir en plus gros)
** J’étais convaincue que cet événement serait un attrape touristes monumental. Que nenni. Semble-il, les écossais portent réellement le kilt dans les occasions spéciales, et ce Gathering en est qu’un parmi tant d’autres où ils sont fiers d’aller et de faire vivre leur culture.
*** Les policiers ici ont un air innofensif créé probablement par le carroté blanc qu’on trouve sur leurs peu pratiques chapeaux. Ils semblent aussi moins attaqués par le syndrome du stupide-policier-à-beigne.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Grenat
Désolé…
Salut, tu me connais pas et moi non plus, mais fallait que je t’écrive pour m’excuser…
Je suis tomber sur ton premier blog par hasard, j’ai commencé à le lire, et finalement j’ai pas pu m’arrêter. C’était tellement bon!
Mais c’est tellement pas mon genre de faire ça! Fouiller dans la vie du monde je déteste ça, ça me met malalaise… Peu importe, ce que tu écris est passionnant, je tenais à te le dire.
Haha j’aime beaucoup trop les “la Queen”.!
Tiens, pourquoi pas vert-krystel pour remplacer ce défunt grenat? (pour comprendre, veuillez cliquer sur “Alexandre” deux messages plus haut).
Je suis jalouse: tu as approché la reine et même circulé sur la même route qu’elle… C’est extraordinaire.
Je serais curieuse de voir des photos de ce charmant enfant aux cheveux roux…Et pourquoi pas de ce nouvel appartment…
D-Des kilts… *bave et re-bave*
chanceuse!
(je suis définitivement incroyablement en retard sur les nouvelles….)