Aug 31 2007
Archive for August, 2007
Aug 29 2007
Aberdeen, ville verte
Connectée wireless dans la joie et le bonheur, ayant trouvé comment recharger Aristote-le-laptop, pouvant faire la grasse matinée demain, tout va, tout va.
Mes pérégrinations se portent dans la joie du bonheur (eh oui, je suis redondante) entre les obligations sympathiques (ouvrir un compte en banque en Écosse, c’est tout de même sympa) et les wandering dans ces villes qui deviendront mes amies.
Hier, c’était la meilleure des chances pour Inverurie de découvrir de quel bois je me chauffe. Après une matinée at school (je suis une assistante de langue, tout de même), I had to open a bank account, so I went to Inverurie (In-ver-ru-rie). Cette ville a un nom agréablement roulant et présente toutes les caractéristiques d’un endroit où j’aimerai aller, une fois par semaine, pour dispenser mon grand savoir. La matinée dans une High School m’ayant rappelé mes propres rentrées, avec en plus le twitch (je viens d’inventer ce mot) qu’on a quand tout le monde nous regarde parce qu’on est nouveau. Heureusement, le modern language staff (toutes des filles) est über sympathique et helpful (d’accord, je vais faire un effort pour les anglicismes). Alors qu’une des filles (elles sont si jeunes) propose de me donner son vieux cellulaire, une autre affirme connaître quelqu’un qui cherche une roommate et qui serait probablement intéressée par mon moi-même. En un après-midi, j’ai donc un flat, un mobile phone et un bank account. Joie!
Le lendemain, c’est Aberdeen, la grosse ville, qui m’attire. Désirant apprendre à la connaître, devenir son amie, plutôt que d’en voir les attractions, j’erre entre les bâtiments de granite. Mention spéciale à la Library sur laquelle je suis tombée par hasard (I swear to god I wasn’t looking for it) et à l’université pleine de scottish et d’english en uniforme (hum!) ainsi qu’à l’eau, de qui j’ai pu apercevoir un morceau, en passant sur Market Street, cherchant son odeur de poisson (flots de salive) et ses vagues. Je sais déjà que je voue une haine profonde à Union Street, sur laquelle j’ai croisé un HMV, un Burger King et cent mille autres preuves de l’américanisation de cette planète*. La prochaine fois que j’irai dans cette ville, ce sera pour y vivre.
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Vrac, mais toujours palpitant:
Je m’étais demandé si, puisque les gens roulent à gauche (j’adore cette impression que je vais foncer dans une auto ^^) , les gens marchaient dans l’autre sens sur les trottoirs. J’ai pu expérimenter cette hypothèse sur Union Street la bondée où les gens, finalement, marchent dans le même sens que moi. Dommage.
On me pose beaucoup de questions sur le Canada, famous actors, famous singers (do you know Celine Dion?), famous produces (Kanuk? Bombardier?), et je réalise que tout ce que je suis capable de citer, à part Jim Carey, c’est des trucs du Québec. Ici plus qu’ailleurs, je vois à quel point le Québec et le reste du pays ne sont pas la même chose dans ma tête. Comme, genre, another country.
On m’avait dit et redit à quel point la bouffe britannique était dégeulasse, immangeable, beurr. False. Ruth, mon hôtesse, prépare les meilleurs (insérer ici le nom de plein de trucs) du monde. Anciennement une MacDonald, rousse, venue des Highlands, elle me semble le spécimen parfait de la scottish, pourtant. Et les restaurants? Entrée aujourd’hui dans un petit bar-café qui n’avait l’air de rien, sortie avec 5£ et la faim de moins, après un wrap délicieux. J’attend donc encore le discusting. Peut-être quand je me ferai moi-même ma propre bouffe…
Une note à propos du weather, pour qu’on arrête de me demander s’il pleut. Il ne pleut presque pas. Il pleut, oui, mais pas toute la journée. Ce qui est différent, c’est la couleur du ciel, d’un bleu toujours un peu gris-blanchâtre. Ce qui est différent, c’est que le ciel, sans vraiment changer de couleur ou de teinte, se met soudainement à déverser des flots d’une pluie mince et peu bruyante. La pluie ici ne s’annonce pas. Le soleil brillant et les couchers de soleils rose n’existent pas non plus, semble-il. Le meilleur mot pour décrire ça serait “stable” ou “uni”. Le ciel est pareil, du matin au soir, jamais totalement ensoleillé, jamais totalement couvert. Dépaysant. Et beau.
Oui, je bois du thé au déjeuner, en après-midi et, quand je serai à l’école, à la pause du matin et au dîner. Oui, le thé est quelconque est plutôt cheap. Encore un préjugé confirmé.
Les gens ne sont pas vraiment beau. Ni laids, d’ailleurs. Seulement quelconques. Sauf pour les jeunes filles, châtaines avec les millions de taches de rousseur étalées dans le visage.
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*Bob the builder, The simpson, Body Shop, Senza et cent mille autres références aux États-Unis. Moi qui croyais m’en éloigner, j’ai l’impression d’y être encore plus qu’avant. Damn USA!
Aug 28 2007
Pounds
Ce matin, en enfilant un de ces pantalons propres, j’ai découvert dix dollars dans une des poches.
Amusant d’inutilité.
Aug 28 2007
Écosse: pays civilisé
(attention: les liens dans ce billet mènent à des photos)
C’est moins de deux heures après que j’aie posé le pied pour la première fois sur le sol Écossais que je me connecte au monde entier. L’internet, de façon plutôt surprenante, se rend en Wireless ici aussi, dans cette maison campagnarde du village d’Oldmeldrum qui m’héberge pour les prochains jours. Je peux donc dire avec fierté que les premières heures de mon périple se sont déroulées devant un écran d’ordinateur portable sur lequel je tentais de trouver quelqu’un qui voudrait bien de moi et de mes 300 livres sterling (per month!) pour les neuf prochains mois.
L’endroit où je suis a tout ce qu’il faut pour être dépaysant. Pourtant. Quand je regarde par la fenêtre, ce sont des champs, à perte de vue (jusque là-bas, où il y a des collines, couvertes de champs). Pourtant. Je suis, en plus!, assise sur ce rêve de mon enfance: un rebord de fenêtre assez grand pour y mettre des coussins et s’y cacher avec un bouquin, derrière le rideau. Avec Aristote-le-laptop sur les genoux, les cheveux encore humides de ma première douche écossaise (qui n’a d’écossais que l’endroit où elle se trouve, on se rassure) je regarde de temps en temps vers le lointain quadrillé, tentant de réaliser que c’est vrai.
Car je ne réalise pas encore que je suis ici. Je ne réalise surtout pas que j’y suis pour aussi longtemps. Les moutons, les autos dans l’autre sens (le volant aussi!), les routes de campagne, les champs, les champs. Ce n’est qu’un film, hein? Je suis au Québec, dans les cantons-de-l’est, hein?
My english is fluent, je comprends pour le moment très bien quand on me parle, even when I speak with Ruth, the only real Scottish girl I meet so far (except in the plane from London to Aberdeen). La température est merveilleuse, une quatorzaine de degrés peut-être, celle que j’aime le plus, quand on met un chandail un peu chaud mais pas trop. Il y a du vent, et même pas de pluie. J’ai l’impression de me trouver dans un de ces endroits de mes rêves.
Je ne suis pas encore allée en ville, Aberdeen. Je me dis que je pourrais demander à mes hôtes de m’y conduire ce soir, puis me convainc que je la verrai bien assez vite, la ville. Dans une bulle pour le moment, seule dans ma chambre, avec un peu de faim mais pas du tout de décalage horaire (je vivais déjà à l’heure écossaise de toute façon).
De quoi, partie pour un an. Qu’est ce que ça signifie? Aberdeen est déjà chez moi, depuis que l’avion a commencé à descendre du ciel. Une joie étrange, celle d’arriver à la maison, mais dans un endroit inconnu. C’est un sentiment que j’aime, en tout cas.
Je ne crois pas que ce sera facile. L’adaptation, la solitude. Déjà, j’aimerais avoir quelqu’un-e avec moi, pour aller nous promener dans les champs en se lançant des blés et en s’extasiant ensemble sur le paysage. Mais. L’Écosse est belle.
Aug 28 2007
Le bleu de Londres
Il est 10h16, heure de Heatrow. Après un vol blasé et un passage 1984-esque aux douanes (enlevez votre ceinture, vos souliers, mettez votre laptop dans un bac gris, enlevez votre manteau, mettez les produits liquides dans un sac transparent à part de moins de 20 cm de haut et n’oubliez pas le petit change dans vos poches!; tout ça pendant que des hauts parleurs débitent des informations very important d’une voix monotone), j’attend le vol pour Aberdeen dans un terminal moins beau que celui chez moi. Chez moi? J’ai envie de parler avec tous ceux que j’aime, en partie parce que je commence à penser en anglais et que ça me tombe sur les nerfs, en partie parce que je n’ai pas parlé avec personne depuis plus de 5 heures, en partie parce que je vis des péripéties extraordinaires depuis hier soir (et ça s’applique dans les deux fuseaux horaire!) et que j’ai envie de les partager.
Mon vol #2 ne part qu’à 11.40, ce qui me donne amplement de temps pour avoir hâte d’arriver et d’enfin retirer cette horrible ceinture qui contient un montant d’argent innommable. Ce soir, j’aurai pris l’avion 16 fois dans ma vie. Et je vivrai en Écosse. Pour 9 mois.
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People here speak with a british accent. I love it. Looooooove it.
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C’est plutôt troublant, et j’avais totalement oublié de m’y attendre, mais les gens, ils roulent à gauche!
Enfin, c’est faux.
À l’aéroport Heatrow de Londres, entre le terminal 4 et le terminal 1, une des navettes, au moins une fois (aujourd’hui) en un certain trajet précis, a roulé à gauche de la route pendant un certain moment. Je ne peux certainement pas généraliser avec ça.
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“Because life can be perfect” (avec un club de golf et une piscine en arrière plan). J’achète!
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Pendant le voyage:
Dans l’aéroport Dorval, passées les portes de sécurité que ne peuvent franchir que les gens qui ont une boarding pass, carte d’embarquement, les gardiens de sécurité se promènent à vélo. Ma porte 60 étant au bout loin, j’ai apprécié l’intelligence des services de sécurité qui ont compris que, dans la cohue, une petite voiturette électrique, ça sert à rien.
Depuis l’embarquement, je vis dans un monde où les gens parlent plus ou moins bien français. “Would you like chicken or beef?” “Tea?” Pour le moment, je trouve ça amusant d’adopter l’idiome local, alors je me plie à leurs faux airs de bilinguisme.
J’ai bu mon premier “thé anglais” au-dessus de l’Irlande, en espérant que les prochains seraient meilleurs.
Dans la nuit du 777 dans lequel j’étais assise près de la fenêtre, j’ai vu la grande ourse, parallèle à moi pendant une bonne heure, briller tout plein dans le ciel.
Londres, première bouffée d’air, sent bon et humide. Et il fait beau. Réellement, avec du soleil et du bleu dans le ciel. Je pose l’hypothèse que les blagues sur la pluie, c’est seulement pour contrôler le flot de touristes qui viennent dépenser des pounds en territoire british.
À Heatrow, pour mon grand malheur, le Wi-Fi ne fonctionne qu’à moitié, me donnant l’impression que je pourrai aller voir mes courriels pour ensuite couper brusquement.
