Jul 02 2007
Le premier billet est toujours plate
Départ : dimanche. En faisant mes boîtes et mes valises, je ne cesse de répéter que, un a plus tôt, si quelqu’un m’avait dit que je lâcherais (honteusement) l’université (ce truc qui était le rêve de ma vie) pour me lancer dans l’inconnu écossais. J’aurais certainement pas cru.
Comment tout cela a commencé, les enfants? Il me reste des bribes de décembre 2007, veille d’un road-trip-de-filles à Québec City, à l’Abordage, défunt appart d’Andy, Slinky-le-coloc me révélant l’existence du programme d’assistante de langue auquel je me suis inscrite à la dernière minute, remplissant les formulaires assise sur un des sofas dégeulasses de l’association étudiante du CÉGEP du Vieux-Montréal. Fière de mon texte de présentation, après avoir collecté mes lettres de référence, merci à Manon et Patrice, et envoyé mon dossier à la mauvaise adresse, j’ai reçu une lettre de convocation à l’entrevue. Habillée trop chic et préparée à tout, j’ai souffert le martyre pendant trente minutes : entrevue ratée. C’était un joli rêve, je ferai autre chose, ma vie n’est pas finie.
Acceptée. Une dizaine de jours plus tard, une lettre. Acceptée. Oh.
Depuis ce moment, je me prépare. Après une formation à ce même Québec, je découvre la masse de papiers à remplir, d’achats à faire. D’adieux. Je stresse en attendant mon offre d’emploi, puis apprend que ce sera Aberdeen, capitale européenne du pétrole de 200 000 habitants (deux universités, granite plein les yeux). Visa, changement d’adresse, assurances. Ma mère déménage en même temps que moi, pour l’autre côté de la rue. Boîtes et valises, adieu à la maison dans laquelle j’ai toujours vécu.
Et nous sommes maintenant, jeudi, quelques jours avant le départ. C’est le début, j’ai l’impression. J’ai un peut-être futur coloc allemand, un husband (pas le mien) qui m’attend à l’aéroport, du sirop d’érable, un lonely planet.
(pause)
(respiration)
Howdy!
